Les pratiques culturales peuvent-elles permettre de réduire la surmortalité du naissain d'huîtres creuses? Récapitulatif des essais d'élevage et expérimentations zootechniques menés sur le territoire français entre 2008 et 2010

Autre(s) titre(s) Can cultural practices reduce the spat oysters mortality? Summary of breeding tests and zootechnical experiments conducted on French territory between 2008 and 2010
Type Rapport
Date 2011-03
Langue(s) Français
Référence RST/LER/PC/LTB 11-02
Auteur(s) Soletchnik Patrick, Mazurie Joseph, Allain Gwenhael, Bedier Edouard, Benabdelmouna Abdellah, Blin Jean-Louis, Bouquet Anne-Lise, Cochet Hélène, Degremont LionelORCID, Gaussem Florian, Gervasoni Erika, Glize Philippe, Petton Bruno, Roussel Pierre-Yves, Pernet FabriceORCID
Mot-Clé(s) Surmortalité, Naissain, Huître creuse, OsHV-1, Pratiques culturales
Résumé L’objectif de ce document est de résumer les résultats recueillis sur le littoral français, concernant la relation possible entre les pratiques culturales (techniques d’élevage mises en oeuvre dans les expérimentations et testages zootechniques) et la surmortalité de naissain d’huîtres creuses
(Crassostrea gigas) depuis 2008. Cette relation est étudiée dans le cadre strict de plusieurs dizaines d’expérimentations menées sur le terrain (mer, estran, claires) par les équipes Ifremer, Instituts techniques et assimilés. Les résultats montrent que certaines pratiques culturales permettent de
préserver des naissains indemnes de mortalité ou de réduire l’intensité de ces mortalités. L’analyse des pratiques culturales conduit à isoler des facteurs d’influence en lien avec la qualité des cheptels (statut sanitaire, sélection naturelle, génétique…) et d’autres avec les conditions d’élevage. Des
naissains (supposés) indemnes de virus sont capables de survivre à plus de 90% en situation d’isolement et de confinement hydrodynamique (nurserie ou claires ostréicoles). En situation d’épidémie déclarée dans un écosystème conchylicole, le naissain de captage ou celui d’écloserie semblent touchés dans des proportions semblables. En 2010, certains travaux, en Méditerranée et sur la cote atlantique montrent un avantage de survie aux huîtres triploïdes (3n) par rapport aux diploïdes (2n)(gain de 20 %). Le bénéfice attendu (gain de survie) en faveur du captage précoce (vs captage tardif) demande à être mieux documenté à l’avenir, tout comme les effets de l’âge ou de la taille sur cette même survie. Sur estran, le gain de survie du naissain est lié à son interaction avec l’environnement. En deçà d’une température de 16°C ou au delà de 24°C, la survie des naissains est nettement améliorée en méditerranée (étang de Thau). Des gains de survie ont été obtenus, soit par l’isolement d’un lot « indemne » (vis à vis d’autres lots potentiellement contaminants), soit par l’isolement hydrodynamique de ce lot (vis à vis d’un environnement potentiellement contaminant). Cette situation est rencontrée sur des sites privilégiés où la densité des stocks est restée faible, dans des structures de confinement (nurserie, claires,…), au niveau des parcs de dépôt (isolement hydrodynamique relatif du fait de l’émersion importante) ou dans certains écosystèmes isolés géographiquement (exemple de Pen-Bé, Quiberon, Ouest-Cotentin, lagunes semi fermées de Méditerranée). La crise épidémique semble connaître sa plus forte intensité durant la période printanière, juste après le franchissement du seuil thermique de 16-17°C. La mortalité semble d’autant plus marquée que le franchissement de ce seuil est brutal. Aucune structure d’élevage par elle-même n’améliore réellement la survie, sauf si elle est mise en oeuvre dans un environnement favorable (exemple des cages et filières en deçà de 16°C, ou cordes à très faible densité). De la même manière, l’effet de la densité sur la survie est souvent contradictoire (sujet bien documenté par de nombreuses études). D’une façon générale, des gains de survie sont à rechercher dans des itinéraires zootechniques qui sauraient combiner des spécificités (ou opportunités) de sites régionaux avec les pratiques culturales : choix de lots de naissains « naïfs », isolement de ces lots vis à vis de lots « ‘autres lots contaminés », utilisation de parcs de dépôts dédiés à ces lots, etc … Des pratiques culturales adaptées telles que la certification de l’état sanitaire des naissains exempt de virus, des opérations de gestion des cheptels sur estran, en lien avec une connaissance hydrodynamique régionale, doivent permettre de réduire la contamination pendant la période épidémique.
Keyword(s) Mortality, Spat, Cupped oyster, Crassostrea gigas, OsHV-1, Cultural practices
Résumé en anglais This paper summarizes knowledge about relations between husbandry practices and oyster spat mortalities since 2008 in France. These relations are strictly analyzed from a panel of experiments set on the shore (in outdoor experiments) by Ifremer teams and technical institutes all over French coasts. Results show some practices are able to reduce spat mortality with some influencing factors relevant of spat quality (sanitary status, natural or genetic selection) or husbandry practices. Spat “free” of virus is able to survive up to 90% when it is isolated and confined in ponds or nursery, during an epidemic crisis. When outbreaks occurred in oyster beds, natural or nursery spat died in almost same proportions. In 2010, some studies conducted in Mediterranean Sea or on Atlantic coast, show best survival for triploid spats compare to diploid spat (20% survival gain). The expected survival advantage for early versus late spat catchment (settled) as the effect of age or height on spat survival, need to be studied further more. On the field, the possible survival gain of spat is related to environmental interactions. Below 16°C and above 24°C, spat survival is significantly higher on Mediterranean coast (Thau lagoon). Spat survival increased either by improving the confinement, either through favorable hydrodynamic conditions. That was the case with low spat density, spat confined in bred structures (hatchery, pond) or spat reared in isolated (sheltered) ecosystem (eg Pen-Bé aber , Quiberon bay, Ouest-Cotentin coast, ponds in Mediterranean coast). The epidemic crisis (outbreak) reaches highest intensity during spring, just after rising up the 16-17°C temperature threshold. Faster was this threshold crossing, higher was the mortality event. No bred structure really improve the spat survival excepted if set in favorable environment. In the same way, effect of biomass on survival often give contradictory results and need more investigation. Generally speaking, improved spat survival has to be expected from combination of specific husbandry practices (free spat, low rearing densities, higher heights of culture…) related to regional opportunities (sheltered location, confined pond, …). Adapted practices as spat certification (“free” of virus), oysters batches management related to local hydrodynamic, should contribute to reduce contamination process, and mortality during the outbreaks.
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Comment citer 

Soletchnik Patrick, Mazurie Joseph, Allain Gwenhael, Bedier Edouard, Benabdelmouna Abdellah, Blin Jean-Louis, Bouquet Anne-Lise, Cochet Hélène, Degremont Lionel, Gaussem Florian, Gervasoni Erika, Glize Philippe, Petton Bruno, Roussel Pierre-Yves, Pernet Fabrice (2011). Les pratiques culturales peuvent-elles permettre de réduire la surmortalité du naissain d'huîtres creuses? Récapitulatif des essais d'élevage et expérimentations zootechniques menés sur le territoire français entre 2008 et 2010. RST/LER/PC/LTB 11-02. https://archimer.ifremer.fr/doc/00032/14280/