Le projet ANR-COMANCHE 2010-STRA-010. Interactions écosystémiques et impacts anthropiques dans les populations de COquilles Saint-Jacques (Pecten maximus) de la MANCHE. Rapport scientifique final

Autre(s) titre(s) The ANR-COMANCHE project. Ecosystem interactions and anthropogenic impacts on King scallop (Pecten maximus) populations in the English Channel
Type Rapport scientifique
Date 2015-02
Langue(s) Français
Auteur(s) Foucher Eric1, Blanchard Michel1, Cugier Philippe1, Desroy Nicolas1, Dreanno CatherineORCID1, Fauchot Juliette2, Fifas Spyros1, Guyader Olivier1, Jean Frederic3, Le Gallic Bertrand4, Riou Philippe1, Schapira Mathilde1, Thiebaut Eric5
Affiliation(s) 1 : Ifremer, France
2 : UCBN (Université Caen Basse-Normandie), France
3 : UBO/IUEM (Université Bretagne Occidentale / Institut Universitaire Européen de la Mer), France
4 : UBO/AMURE (Université Bretagne Occidentale / UMR AMURE), France
5 : CNRS / SBR (CNRS / Station Biologique de Roscoff), France
Version v1
Résumé La coquille Saint-Jacques européenne Pecten maximus constitue pour les pêcheries françaises la première espèce débarquée en tonnage, et la deuxième ou troisième en valeur. La Manche représente plus de 90% de ces débarquements : l’exploitation de cette espèce y est donc vitale pour les flottilles riveraines. Le projet COMANCHE (Interactions écosystémiques et impacts anthropiques dans les populations de COquilles Saint-Jacques de la MANCHE) se proposait d’améliorer la connaissance de la coquille Saint-Jacques à l’échelle de l’ensemble de la Manche, à travers une approche écosystémique des pêcheries, en faisant appel à un large éventail de disciplines scientifiques (physique, chimie, génétique, écologie, géostatistique, modélisation, économie….) : localisation spatiale des gisements, connectivité entre gisements par dérive larvaire, variabilité des traits de vie et du recrutement, dynamique des communautés planctoniques et déterminisme des efflorescences d’algues toxiques, place de ce filtreur dans le réseau trophique, développement des espèces invasives, dont la crépidule, impact de son exploitation sur le substrat et enfin analyse des principaux circuits d’approvisionnement de cette espèce. Ce projet s’inscrit dans une logique de développement durable d’une pêcherie, soutenue par l’administration, les collectivités territoriales et les associations professionnelles. Selon les différentes actions de recherche entreprises, des méthodes numériques de modélisation, de la cartographie, des techniques de biologie moléculaire, l’utilisation de marqueurs génétiques, des mises en culture en laboratoire, etc … ont été utilisées. Pour cela, le projet COMANCHE s’est appuyé à la fois sur l’utilisation de données in situ, à partir de séries chronologiques de données biologiques acquises soit lors de campagnes scientifiques à la mer menées depuis plus de 30 ans par l’Ifremer, soit obtenues directement dans le cadre du projet, mais également sur des données issues du flux déclaratif (statistiques de pêche) des navires de pêches. Une carte de la connectivité entre les différents gisements a été proposée, mettant en évidence trois unités fonctionnelles majeures (baie de Seine, golfe normano-breton et côtes sud-ouest de l’Angleterre). Par ailleurs, il a été montré que l’influence de la température de surface et des grands cycles climatiques explique les fluctuations inter-annuelles du recrutement du stock de la baie de Seine, vraisemblablement en raison de l’effet de la température sur la gamétogénèse et les premiers stades du cycle de vie. Des avancées significatives ont été réalisées pour la compréhension de l’apparition des phénomènes algaux toxiques qui influencent grandement la stratégie d’exploitation de l’espèce : plus de 70 souches de 4 espèces de Pseudo-nitzschia différentes ont été identifiées à partir d’échantillons prélevés en baie de Seine et ont été mises en culture. Une biopuce permettant l’identification rapide des différentes espèces de Pseudo-Nitzschia a été mise au point et pourra constituer un outil majeur de surveillance de ces espèces toxiques. Un modèle d’écophysiologie individuel ainsi qu’un modèle de dynamique des populations de l’espèce ont été mis au point. Ces modèles ont été couplés à un modèle d’écosystème afin d’être spatialisés à l’échelle de la Manche. L’analyse économique des pêcheries pose la question de l’adéquation entre les mesures de gestion et le fonctionnement du marché dans un contexte global de progression importante de la production de coquilles en Manche.
Résumé en anglais The King scallop Pecten maximus constitutes the first landed species in terms of tonnage and the second or third one in terms of value for the French fisheries. More than 90% of these landings come from the English Channel indicating that its exploitation is essential to local fleets. The COMANCHE project (Ecosystem Interactions and anthropogenic impacts on King scallops populations in the English Channel) proposed to improve the knowledge of the scallop within the Channel, through an ecosystem-based approach for fisheries, appealing to a wide range of scientific disciplines (physics, chemistry, genetics, ecology, geostatistics, modeling, economics ....). Researches on the spatial location of scallop beds, connectivity by larval dispersal between beds, life history and recruitment variability, dynamics of plankton communities and determinism of toxic algal blooms, place of this bivalve in the food web, development of invasive species like the American slipper limpet, impact of dredging on seabed and also analysis of the main market supplies for this species, have been conducted. The aim of this project was to contribute to a sustainable development of a fishery, supported by government, local authorities and stakeholders’ associations. According to the research activities, different conceptual approaches and tools, as numerical modeling methods, mapping, molecular biology techniques, use of genetic markers, laboratory cultivations of algae, etc ... have been used. For this, the COMANCHE project was built on the use of in situ data, but also on biological data time-series collected during scientific sea surveys conducted for more than 30 years by Ifremer or on data collected during the project. Data coming from the declarative flow (fisheries statistics) of fishing vessels have also been used. A map of the connectivity between the different scallop populations has been proposed, highlighting three major functional units (Bay of Seine, Normand-Breton Gulf and Southwestern coast of England). It was shown that the influence of the sea surface temperature and related climatic indexes could explain inter-annual fluctuations of the recruitment for the stock in the Bay of Seine, probably because of the role of temperature on the gametogenesis and the early life stages. Significant progresses have been made in understanding the emergence of harmful algal blooms which affect the scallop fisheries. Over 70 strains of 4 different species of Pseudo-nitzschia were isolated from samples taken in the Bay of Seine and were kept in culture. A biochip for the rapid identification of different species of Pseudo-Nitzschia was developed and could be used for the biomonitoring of toxic phytoplankton. An ecosystem model coupled with a biogeochemical model and a population dynamics model was developed for English Channel scallop populations. The economic analysis of fisheries raises the question of the adequacy of the management measures and the operation of the market in a global context of the King scallop production increase.
Texte intégral
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Comment citer 

Foucher Eric, Blanchard Michel, Cugier Philippe, Desroy Nicolas, Dreanno Catherine, Fauchot Juliette, Fifas Spyros, Guyader Olivier, Jean Frederic, Le Gallic Bertrand, Riou Philippe, Schapira Mathilde, Thiebaut Eric (2015). Le projet ANR-COMANCHE 2010-STRA-010. Interactions écosystémiques et impacts anthropiques dans les populations de COquilles Saint-Jacques (Pecten maximus) de la MANCHE. Rapport scientifique final. https://archimer.ifremer.fr/doc/00251/36236/