Etude de la contamination chimique chez quatre espèces de poisson en Méditerranée. Rapport final des actions 2017-2018 du dispositif de suivi CONTAMED

Type Rapport de contrat
Date 2018-07
Langue(s) Français
Référence RST.ODE/UL/LER-PAC/18-04
Auteur(s) Mille Tiphaine1, Mauffret Aourell1, Baudrier Jerome1, Wessel Nathalie1, Bouchoucha Marc1
Editeur Ifremer
Version 1.0.0
Note Convention Agence de l’Eau RMC / Ifremer n° 2017-0503
Mot-Clé(s) Contaminants chimiques, Réseaux trophiques ; Méditerranée, Surveillance, DCSMM
Résumé

Le dispositif de suivi CONTAMED vise à suivre les niveaux de contamination de plusieurs maillons de réseaux trophiques méditerranéens et à approfondir la compréhension des processus de bioaccumulation et de transfert des contaminants métalliques et organiques. CONTAMED se décompose en 3 protocoles ; les actions 2017-2018 correspondent à la réalisation des protocoles 1 et 3.

Le protocole 1 est le suivi de la contamination en mercure dans le muscle des 2 espèces communes de rougets le long de la façade méditerranéenne française avec pour objectif supplémentaire cette année de mieux appréhender les variations saisonnières de la contamination en mercure dans le but de définir la période d’échantillonnage optimale et donc de stabiliser le protocole du réseau de surveillance. En 2017, un total de 875 rougets a été capturé par des pêcheurs professionnels dont 284 rougets de roche M. surmuletus et 591 rougets de vase M. barbatus. Le seuil sanitaire du Hg (défini par la commission Européenne) est dépassé pour 6 % des échantillons (n = 51 / 875). L’existence d’un gradient géographique est observée chez les deux espèces depuis la mise en place de ce réseau de surveillance en 2012, il perdure en 2017. Les niveaux de contamination mesurés dans le muscle sont les plus faibles pour les poissons pêchés à Banyuls et les plus élevés dans les échantillons de la Seyne sur mer. L’absence de variation saisonnière des concentrations en mercure, observée à partir de l’ensemble des données acquises au sein de ce suivi, permet au réseau d’être optimisé à un unique échantillonnage dans l’année.

L’objectif du protocole 3 est de mieux caractériser la contamination des espèces de poissons vivant sur plateau continental et profonds. En 2017 s’ajoute l’objectif de renseigner les descripteurs DCSMM 4, 8 et 9 puisque les données obtenues seront utilisées pour l’évaluation du BEE en 2024. Par ailleurs, une évaluation intermédiaire est proposée dans ce rapport. Afin de répondre aux objectifs, une étude trophique (analyses des contenus stomacaux et des isotopes stables du carbone et de l’azote) couplée à une analyse des contaminants chimiques (organiques et métalliques) est réalisée. Grâce à la campagne de chalutage MEDITS 2017, 476 poissons ont été pêchés regroupant 81 merlus européens, 152 rougets de vase, 127 roussettes et 116 sébastes chèvre sur 27 stations de prélèvements réparties sur 4 zones d’évaluation définies à partir de 2 environnements (l’Est du golfe du Lion et la Corse orientale) et 2 tranches bathymétriques (le plateau continental entre 75 et 150 m de profondeur et le rebord du plateau continental près des têtes de canyon où la profondeur est supérieure à 400 m). Les résultats obtenus confirment la faisabilité technique du protocole 3 basé sur les campagnes halieutiques. Les résultats des analyses trophiques relèvent que les 4 espèces étudiées sont de niveau trophique similaire. Chaque espèce possède son propre régime alimentaire avec quelques variations intra-spécifique selon les zones de prélèvement résultant probablement de la disponibilité des proies. Les concentrations en PCB mesurées en Corse sont plus faibles que celles mesurées dans le golfe du Lion, ce qui semble exclure une pression importante de contamination chimique en Corse contrairement au golfe du Lion où la contamination en PCB semble liée aux apports du Rhône. En ce qui concerne les contaminants métalliques, seul le sébaste présente des concentrations plus importantes en Corse que dans le golfe du Lion, reflet de l’oligotrophie plus prononcée des eaux en Corse. A cela s’ajoute un effet de la bathymétrie sur les concentrations en mercure puisque les concentrations semblent plus élevées près des têtes de canyons chez le merlu et la roussette.

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Comment citer 

Mille Tiphaine, Mauffret Aourell, Baudrier Jerome, Wessel Nathalie, Bouchoucha Marc (2018). Etude de la contamination chimique chez quatre espèces de poisson en Méditerranée. Rapport final des actions 2017-2018 du dispositif de suivi CONTAMED. RST.ODE/UL/LER-PAC/18-04. https://archimer.ifremer.fr/doc/00458/56962/