Evaluation de la composante de l’écosystème « Poissons et céphalopodes » du descripteur 1 « Biodiversité » en France métropolitaine.

La Directive Cadre Stratégie pour le Milieu Marin (DCSMM), adoptée en juin 2008, recommande aux Etats membres de développer une approche de gestion des milieux marins fondée sur la notion d’écosystème. Par cette directive, la France s’est engagée à atteindre ou maintenir d’ici 2020 le bon état écologique (BEE) des milieux marins décrits au travers de 11 descripteurs, pour les eaux métropolitaines sous sa juridiction. Le descripteur 1 stipule que la diversité biologique doit être maintenue. La qualité des habitats et leur nombre, ainsi que la distribution et l’abondance des espèces sont adaptés aux conditions physiographiques, géographiques et climatiques existantes (décision de la Commission européenne 2017/848/UE). Les composantes de l’écosystème des poissons et céphalopodes doivent être évaluées dans les quatre sous-régions marines (SRM) françaises (« Manche – mer du Nord », « Mers Celtiques », « Golfe de Gascogne » et « Méditerranée occidentale »). Les groupes d’espèces traités dans ce rapport sont les poissons démersaux des milieux meubles côtiers, les poissons démersaux et pélagiques du plateau continental, les céphalopodes côtiers et du plateau continental et les poissons et céphalopodes d’eaux profondes. Pour l’évaluation des groupes d’espèces cités précédemment à l’exception des poissons côtiers et pélagiques, les SRM « Mers Celtiques » et « Golfe de Gascogne » sont réunies au sein d’une unité géographique d’évaluation (UGE), et la SRM « Méditerranée occidentale » a été scindée en deux UGE : le golfe du Lion et la Corse Est.

L’approche utilisée pour évaluer le BEE de chaque groupe d'espèces dans chaque SRM repose sur la disponibilité des données, provenant des campagnes scientifiques conduites par l’Ifremer, et des méthodes d'identification de seuils. Cette approche quantitative est réalisée pour le critère D1C2 relatif à l’abondance des populations et au seul groupe des poissons démersaux du plateau continental dont la sensibilité à la pression de pêche est élevée. Elle est réalisée à l’échelle de la population et de la communauté. Toutefois, le début des dispositifs de suivis correspond à une période de forte intensité de pêche ne permettant pas de se référer à une situation initiale exempt de pression. Pour les autres groupes d’espèces, ce même critère (D1C2) est renseigné par les résultats de l'évaluation du descripteur 3 lorsque des évaluations de stocks sont disponibles (i.e. rapport D3 – Foucher et Delaunay, 2018), c’est le cas des poissons pélagiques du plateau continental, ou par une approche qualitative. Pour les autres critères, une approche qualitative est proposée. Cette approche décrit de manière non exhaustive l’état des connaissances scientifiques sur les groupes d’espèces et les développements méthodologiques qui permettront éventuellement de renseigner les 5 critères du descripteur 1 lors des prochaines évaluations.

L’évaluation du BEE des populations de poissons démersaux du plateau continental au regard du critère D1C2 révèle que parmi les quatre UGE, la « Manche – Mer du Nord », les « Mers Celtiques et golfe du Gascogne » et le « Golfe du Lion » présentent des populations n'atteignant pas le BEE. Le nombre de populations est particulièrement important pour le golfe du Lion où 28 % d'entre elles ne sont pas en BEE. Par ailleurs, 30 à 50 % des populations sont évaluées en BEE sur l'ensemble des UGE.

L’approche par communauté, dont les résultats sont cohérents avec les précédents, indique que l’UGE « Manche – mer du Nord » montre des signes croissants de retour vers le BEE depuis les années 2000. Les populations jugées en BEE ont doublé depuis le début de la série d’observation, atteignant 40-45 % des populations d’espèces sensibles à la pression de pêche. Dans l’UGE« Mers Celtiques et golfe de Gascogne », l’état écologique des populations est stable sur l’ensemble de la période étudiée mais il est délicat de le situer par rapport à une valeur seuil de BEE. Enfin, la Méditerranée occidentale avec la Corse et le golfe du Lion présentent, respectivement, un état stable et une diminution du nombre de populations en BEE depuis la fin des années 1990. Il est à noter toutefois que pour le golfe du Lion, une amélioration de l'état écologique des espèces démersales sensibles à la pêche est observée sur la période du dernier cycle DCSMM.

L’approche qualitative pointe les principales pistes de développement susceptibles de fournir des indicateurs opérationnels pour les prochains cycles de la DCSMM : les travaux sur les communautés des milieux meubles côtiers à partir des données des campagnes « Nourriceries » (D1C5), les travaux du CIEM sur les indicateurs de structure en taille et en âge des stocks de poissons exploités (D1C3), ou encore les travaux de recherche sur la distribution géographique des populations d’espèces démersales ou pélagiques du plateau continental (D1C4).

Mot-clé(s)

DCSMM, Descripteur 1, Bon état écologique, Poissons et céphalopodes, Population d’espèces, Indice d’abondance, Traits d’histoire de vie, Indice de sensibilité, Pression de pêche, Zone fonctionnelle halieutique

The Marine Strategy Framework Directive (MSFD), adopted in June 2008, recommends Member States to adopt an ecosystemic approach to manage the marine environment. By this directive, France aims to achieve a good environmental status (GES) described by 11 descriptors, of its marine waters by 2020. Descriptor 1 stipulates that biological diversity is maintained. The quality and occurrence of habitats and the distribution and abundance of species are in line with prevailing physiographic, geographic and climate conditions (European Commission Decision 2017/848/UE). The ecosystem components of fish and cephalopods must be assessed in the four marine subregions (“English Channel – North Sea”, “Celtic seas”, “Bay of Biscay” and “Western Mediterranea”). The species groups assessed in this report are the demersal fish of sandy or muddy coastal areas, demersal and pelagic fish of the continental shelf, cephalopods of coastal areas and continental shelf, and fish and cephalopods of deep-sea waters. For the assessment of the species groups mentioned above, except for coastal and pelagic fish, the “Celtic seas” and “Bay of Biscay” marine subregions are united in one Assessment Geographical Unit (AGU) and the “Western Mediterranea” marine subregion is divided into two AGU: Gulf of Lion and Eastern Corsica.

The approach used to assess the GES of each species group in each marine subregion is based on the availability of data from scientific surveys conducted by Ifremer and scientific proven methods for identifying thresholds. This quantitative approach is implemented for criterion D1C2 related to the abundance of populations and to the group of demersal fish of the continental shelf for which sensitivity to fishing pressure is high. It is carried out at the population and community level. However, the beginning of monitoring devices matches with a period of high fishing intensity that does not allow referring to an initial situation without pressure. For the others species groups, criterion D1C2 is indicated by the results of the assessment of desciptor 3 when stock assessments are available (i.e. D3 report – Foucher and Delaunay, 2018), this is the case of the pelagic fish of the continental shelf, or through a qualitative approach. For the other criteria, a qualitative assessment is proposed. The latter approach describes (albeit non-exhaustively) the state of scientific knowledge on those unassessed species groups. Its also suggests future methodological developments which will likely be used to inform the five criteria of the descriptor 1 for the next assessments.

The assessment of GES of the demersal fish populations of the continental shelf, using the criterion D1C2, indicates that among the four AGU, the “English Channel – North Sea”, “Celtic Seas and bay of Biscay” and “Gulf of Lion” present populations that don’t achieve GES. The number of populations is particularly important in the Gulf of Lion where 28% don’t achieve GES. In addition, 30 to 50% of the populations are assessed in GES in all AGU.

The community approach, whose the results are consistent with the previous ones, indicates that the “English Channel – North Sea” AGU shows increasing signals of a return to GES since the 2000s. The populations qualified in GES have doubled since the beginning of the observation series, achieving 40-45 % of the populations of sensitive species to the fishing pressure. In the “Celtic seas and bay of Biscay” AGU, the environmental status of the populations is stable over the period analysed but it is difficult to interprete that stability as no threshold value of GES formely exists. Finally, the western Mediterranea with Corsica and the Gulf of Lion have respectively a stable state and a decrease of the number of populations in GES since the end of the nineties. However, in the Gulf of Lion, signals of a return to a GES are observed for the last MSFD cycle.

The qualitative approach highlights the main developments leading to future operational indicators for the next MSFD cycles. This includes work on the coastal demersal fish communities with the data provided by scientific surveys on nursery areas (D1C5), the ICES work on the size and age based on indicators of exploited fish stocks (D1C3), and research development on the geographical distribution of demersal and pelagic populations of the continental shelf (D1C4).

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Version officielle éditeur
27315 Mo
Comment citer
Brind'amour Anik, Delaunay Damien (2018). Evaluation de la composante de l’écosystème « Poissons et céphalopodes » du descripteur 1 « Biodiversité » en France métropolitaine. Ref. Rapport scientifique de l'Ifremer pour l’évaluation 2018 au titre de la DCSMM. R.RBE/EMH-2018-01. Ifremer. https://archimer.ifremer.fr/doc/00458/57007/

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