Compréhension de l’hybridation des moules du genre Mytilus en Atlantique et implications pour la bio-surveillance

Type Rapport
Date 2019-04
Langue(s) Français
Référence Rapport final
Auteur(s) Sussarellu Rossana1, Chouvelon Tiphaine1, Grouhel-Pellouin AnneORCID1
Contributeur(s) Akcha Farida, Aminot YannORCID, Burgeot Thierry, Mauffret AourellORCID, Couteau Jérôme, Loppion Géraldine
Mot-Clé(s) MYTILUS SP., HYBRIDATION, FRANCE, COTE ATLANTIQUE, BIOACCUMULATION, CONTAMINANTS CHIMIQUES, BIOMARQUEURS, SURVEILLANCE
Résumé

La présence de différentes espèces du genre Mytilus et leur hybridation est un paramètre mesuré sur une base volontaire par certains pays de la Mer du Nord pour la surveillance des effets biologiques des contaminants chimiques dans le cadre du programme CEMP (Coordinated EnvironMental Monitoring Programme) de la convention des mersrégionales OSPAR. Cette hybridation pouvant potentiellement influencer la réponse physiologique et la capacité de bioaccumulation des individus hybrides, il apparaît pertinent de développer en France la mesure de ce paramètre qui pourrait être étendue auréseau ROCCH et à la DCSMM dans lecadre dudescripteur 8 «contaminants chimiques et effets biologiques».

L’objectif de cette étude est i) d’évaluer l’évolution de la distribution sur le littoral français de M. edulis et M. galloprovincialisdepuis 35 ans en utilisant la banque de tissus du ROCCH, ii) de déterminer les différences debioaccumulation et de réponses des biomarqueurs entre M.edulis etM. galloprovincialiset leurshybridesvia du caging(transplantation in situ).

L’évolution de la prévalence des deux espèces de M. eduliset M. galloprovincialis sur certains sites du ROCCH a montré que des différences de composition génétique peuvent être observées pour certains sites entre 1981 et 2016. La cause de ces changements et notamment un lien potentiel avec lespratiques mytilicoles reste à éclaircir. Pour les stations où un changement est observé une réinterprétation des données historiquesdu ROCCHprenant en compte le facteur génétique pourra nous éclairer sur l’intérêt d’appliquer ce critère etéventuellementdel’élargir à plus de sites de façon rétrospective.

Que ce soit au niveau des paramètres biologiques, des marqueurs écotoxicologiques, ou encorede la bioaccumulation des contaminants chimiques, des différences entre les lots testés in situdes espèces M. eduliset M. galloprovincialiset leurs hybrides sont observées. Une tendance univoque ne peut pas être dégagée concernant la capacitéde l’une ou de l’autre espèce à accumuler plus ou moins de contaminantschimiques, les différences observées entre espèces étant contaminant-spécifiques. De plus, l’étude in situdont sont issusces résultats a pu êtreconduitesur un site expérimental seulement.Des différences entre sites pourraient ainsi complexifier davantage les résultats déjàobtenus. Les conséquences sur l’interprétation des données de surveillance issues d’analyses sur les moules sont difficiles à prédire, mais il est certain, d’après les résultatsobtenus ici, que préciser l’espèce ou la présence d’individus hybrides(ou del’introgression)dans les bases de données serait judicieux. Une étude plus vaste sur plusieurs sites, à l’échelle nationale et/ou internationale (incluant également les zones d’hybridation entre M. eduliset M. trossulus, troisième espèce potentiellementprésente en Atlantique Nord-Est) pourrait être une perspective pertinente de ces travaux.

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Comment citer 

Sussarellu Rossana, Chouvelon Tiphaine, Grouhel-Pellouin Anne (2019). Compréhension de l’hybridation des moules du genre Mytilus en Atlantique et implications pour la bio-surveillance. Rapport final. https://archimer.ifremer.fr/doc/00665/77677/